Folles Couture

Folles Couture

Ajoutée le Mercredi 05 novembre 2003 Noir musclé

Sorti il y a 10 ans déjà, le film Prêt A Porter de Robert Altmann dépeint les mœurs et les excès du microcosme de la mode.
Ce film satire percutant reste parfaitement d’actualité.
A un détail prêt. Au milieu de son grand barnum de fashionistas (mannequins toxicos, attachées de presse sous Prozac, stylistes folles hystériques, photographes imbus d’eux mêmes, etc...), il faudrait rajouter deux personnages devenus incontournables dans tous les défilés réussis : la diva RnB clinquante, et le rappeur millionnaire.

Il suffit de voir la fashion week en septembre dernier à New York pour constater comment l’industrie de la mode tente de récupérer l’univers de lu rap et du RnB.
Chili de TLC au défilé de Peter Som, Tweet chez Nanette Lepore, Seal au défilé Marc Jacobs, T-Boz (TLC ) aux présentations de Diane von Furstenberg, Ashanti chez Narciso Rodriguez, Maxwell, Ice-T, et Damon Dash au défilé de Patricia Field.
Quant à Tommy Hilfiger, la guest-liste de son dernier défilé ressemblait à un sommaire du magazine Vibe : Pharell, Jay-Z, Wycleff, Maxwell, et P. Diddy .

Alors que le nombre de mannequins Blacks reste minuscule dans les défilés (une Naomi ou une Alek Wek pour 1OO mannequins de l’Est), l’industrie de la mode semble rechercher aujourd’hui à tout prix une caution RnB et Hip Hop dans son public.

On murmure aujourd’hui que des stars comme Beyoncé seraient payées 25000 dollars pour assister à un défilé (voir les news).
Si la présence de diva soul ou RnB endiamantée est finalement assez naturelle à un défilé de mode, on peut par contre se demander ce que font des rappeurs sensés keeping it real (rester réels) à de tels rendez-vous mondains ?

Le fait d’assister à un défilé est bien sûr une reconnaissance sociale à laquelle tout artiste né dans un milieu défavorisé peut légitiment aspirer.
On ne peut pas critiquer le fait que P. Diddy soi un habitué des shows Versace quant on voit les fortunes qu’il a pu dépenser en fringue dans les clips du label Bad Boy.
Après tout, des artistes qui ont remis à la mode le bob Gucci, la ceinture Vuitton et fait gagner des millions à ces marques méritent bien une place au premier rang des défilés.
Mais les liaisons entre le rap et la mode sont dangereuses.
Car que se passerait-il si les rappers se mettaient à porter les vêtements qu’ils voient dans les défilés ?
50 Cents dans un pantalon cigarette et la mèche au vent comme les éphèbes d’un défilé Christian Dior ?
Busta Rhyme en chemise vaporeuse se dandinant comme un mannequin Yves Saint Laurent ?
Et Pharell Williams dans un chaps en cuir siglé Helmut Lang ?
A trop vouloir se la pêter dans les défilés, nos virils rappers vont-ils devenir les nouvelles folles couture ?

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